
Château de Breteuil
Repères
- Protection
- Classé MH
- Construction
- 1604-1610
Présentation
Construit au début du XVIIe siècle et toujours habité par la même famille, le château de Breteuil domine la vallée de Chevreuse à une heure de Paris. Berceau d'une lignée de ministres au service de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, il a été l'un des premiers châteaux privés ouverts au public en France. François et Pauline de Breteuil, qui en ont repris les rênes en 2025, y racontent l'histoire de France à travers des intérieurs redessinés par le décorateur Jacques Garcia (2025-2026).
À une heure de Paris, le château de Breteuil occupe un site remarquable : un promontoire dominant les forêts de la vallée de Chevreuse. L'emplacement a toujours attiré les bâtisseurs. On y a retrouvé les vestiges d'une villa romaine, et le colombier, élevé vers 1500, témoigne d'un domaine seigneurial bien antérieur au château actuel. Ce colombier, qui fournissait à la fois la chasse, l'engrais des terres et les œufs de la cuisine, se visite encore.
Breteuil fait partie des rares châteaux français habités par la famille qui l'a construit. Depuis 1610, il n'a jamais été vendu. Les Breteuil sont une famille de noblesse de robe, anoblie en 1570 sous Charles IX, qui a gravi tous les échelons du service de l'État : intendants, magistrats, puis ministres de trois rois successifs.
Louis de Breteuil fut ministre des Finances de Louis XIV, François Victor de Breteuil ministre de la Guerre de Louis XV. Mais la figure majeure de la lignée reste Louis Auguste, baron de Breteuil. Ambassadeur à Vienne, il connut Marie-Antoinette enfant, et la jeune dauphine, arrivée à Versailles à quatorze ans, l'appelait « mon papa ». Ministre de Louis XVI, il négocia la paix de Teschen entre la Prusse et l'Autriche, fut mêlé à l'affaire du Collier de la Reine et devint brièvement principal ministre du roi en 1789. Bâtisseur, il traça plusieurs avenues parisiennes, dont celle qui porte son nom, et lança la création de l'hôpital Necker.
Au tournant du XXe siècle, Henri de Breteuil marque à son tour l'histoire du château. Homme du monde, ami intime du roi Édouard VII, il accueille à Breteuil des conversations qui préparent l'Entente cordiale de 1904. Marcel Proust s'en inspire pour le personnage d'Hannibal de Bréauté dans À la recherche du temps perdu. C'est aussi lui qui donne au domaine ses jardins.
Élevé entre 1604 et 1610, le château adopte le style brique et pierre caractéristique du début du XVIIe siècle, dans l'esprit de la place des Vosges et de nombreuses demeures d'Île-de-France. Il est agrandi aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. La chapelle Saint-Jean-Baptiste, ajoutée dans les années 1860, a été construite pour accueillir des vitraux provenant d'une église détruite de Chartres.
Vers 1900, Henri de Breteuil fait terrasser le promontoire et confie le dessin des jardins aux frères Achille et Henri Duchêne, les plus grands paysagistes de leur temps. Leur jardin à la française, inspiré de Le Nôtre, prolonge l'architecture du château. Son grand miroir d'eau en reflète la façade. Il est complété par le Jardin des Princes, à l'anglaise, plus libre et fleuri, et par un parc de 75 hectares ouvert sur la vallée.
Restés dans la famille depuis l'origine, les intérieurs conservent un ensemble rare. Le plus précieux est sans doute le dernier portrait de Louis XVI peint à Versailles avant la Révolution, en 1789, montrant le roi à sa table de travail. Louis XVI l'offrit lui-même au baron de Breteuil. Le château conserve aussi des tapisseries des Gobelins figurant les quatre saisons, un tapis d'Aubusson, des porcelaines de Sèvres dont des vases ornés de portraits de famille, des meubles en laque de Chine et un exemplaire complet de la Description de l'Égypte, ouvrage monumental né de l'expédition de Bonaparte et devenu très rare.
L'objet le plus célèbre de Breteuil n'y est plus : la table de Teschen, chef-d'œuvre du joaillier Neuber offert au baron par l'impératrice Marie-Thérèse en remerciement de sa médiation. La famille a choisi de la céder au Louvre pour qu'elle reste en France. Une réplique est présentée au château.
Le parcours de visite a été entièrement repensé par le décorateur Jacques Garcia. Son parti pris : rendre aux pièces leur âme et leur atmosphère d'origine, avec des lumières tamisées évoquant la bougie, des couleurs franches comme on les aimait au XVIIIe siècle et des tissus réédités spécialement pour Breteuil. Le résultat est une traversée de l'histoire de France, du salon XVIIIe au boudoir de Marie-Antoinette tendu de 70 mètres de soie plissée, du cabinet de travail de Louis XVI à la Restauration, jusqu'à un salon Second Empire où la famille actuelle a mêlé ses propres souvenirs aux collections.
Les anciennes cuisines, au niveau des douves, sont présentées telles qu'elles étaient le 3 mai 1905, jour où Édouard VII vint déjeuner au château. Leurs batteries de cuivre et ustensiles, tous d'origine et restaurés, racontent la vie d'une grande maison qui employait alors une trentaine de personnes.
Breteuil a été l'un des pionniers de l'ouverture des châteaux privés au public. En 1969, Henri-François de Breteuil et son épouse (parents de l'actuel propriétaire) font ce choix, seul moyen de conserver le domaine. Plus de cinquante ans plus tard, le château accueille environ 140 000 visiteurs par an, Franciliens, visiteurs de province et étrangers, ainsi que de nombreux scolaires.
François et Pauline de Breteuil en ont repris les rênes (2025) et poursuivent l'œuvre familiale avec une ambition claire : être des passeurs d'histoire. La chapelle sert toujours aux baptêmes de la famille, les enfants ont tous dormi dans le berceau de la nurserie, et la tradition du portrait continue avec des toiles de la famille actuelle peintes par deux artistes anglais. Un château vivant, à la fois lieu de mémoire et maison de famille.
Visites et activités
Visites
- Types de visite
- Visite libre
- À visiter
- ChâteauParc et jardins
- Période d'ouverture
- Toute l'année
Vidéos
Galerie
Présentation
Construit au début du XVIIe siècle et toujours habité par la même famille, le château de Breteuil domine la vallée de Chevreuse à une heure de Paris. Berceau d'une lignée de ministres au service de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, il a été l'un des premiers châteaux privés ouverts au public en France. François et Pauline de Breteuil, qui en ont repris les rênes en 2025, y racontent l'histoire de France à travers des intérieurs redessinés par le décorateur Jacques Garcia (2025-2026).
À une heure de Paris, le château de Breteuil occupe un site remarquable : un promontoire dominant les forêts de la vallée de Chevreuse. L'emplacement a toujours attiré les bâtisseurs. On y a retrouvé les vestiges d'une villa romaine, et le colombier, élevé vers 1500, témoigne d'un domaine seigneurial bien antérieur au château actuel. Ce colombier, qui fournissait à la fois la chasse, l'engrais des terres et les œufs de la cuisine, se visite encore.
Breteuil fait partie des rares châteaux français habités par la famille qui l'a construit. Depuis 1610, il n'a jamais été vendu. Les Breteuil sont une famille de noblesse de robe, anoblie en 1570 sous Charles IX, qui a gravi tous les échelons du service de l'État : intendants, magistrats, puis ministres de trois rois successifs.
Louis de Breteuil fut ministre des Finances de Louis XIV, François Victor de Breteuil ministre de la Guerre de Louis XV. Mais la figure majeure de la lignée reste Louis Auguste, baron de Breteuil. Ambassadeur à Vienne, il connut Marie-Antoinette enfant, et la jeune dauphine, arrivée à Versailles à quatorze ans, l'appelait « mon papa ». Ministre de Louis XVI, il négocia la paix de Teschen entre la Prusse et l'Autriche, fut mêlé à l'affaire du Collier de la Reine et devint brièvement principal ministre du roi en 1789. Bâtisseur, il traça plusieurs avenues parisiennes, dont celle qui porte son nom, et lança la création de l'hôpital Necker.
Au tournant du XXe siècle, Henri de Breteuil marque à son tour l'histoire du château. Homme du monde, ami intime du roi Édouard VII, il accueille à Breteuil des conversations qui préparent l'Entente cordiale de 1904. Marcel Proust s'en inspire pour le personnage d'Hannibal de Bréauté dans À la recherche du temps perdu. C'est aussi lui qui donne au domaine ses jardins.
Élevé entre 1604 et 1610, le château adopte le style brique et pierre caractéristique du début du XVIIe siècle, dans l'esprit de la place des Vosges et de nombreuses demeures d'Île-de-France. Il est agrandi aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. La chapelle Saint-Jean-Baptiste, ajoutée dans les années 1860, a été construite pour accueillir des vitraux provenant d'une église détruite de Chartres.
Vers 1900, Henri de Breteuil fait terrasser le promontoire et confie le dessin des jardins aux frères Achille et Henri Duchêne, les plus grands paysagistes de leur temps. Leur jardin à la française, inspiré de Le Nôtre, prolonge l'architecture du château. Son grand miroir d'eau en reflète la façade. Il est complété par le Jardin des Princes, à l'anglaise, plus libre et fleuri, et par un parc de 75 hectares ouvert sur la vallée.
Restés dans la famille depuis l'origine, les intérieurs conservent un ensemble rare. Le plus précieux est sans doute le dernier portrait de Louis XVI peint à Versailles avant la Révolution, en 1789, montrant le roi à sa table de travail. Louis XVI l'offrit lui-même au baron de Breteuil. Le château conserve aussi des tapisseries des Gobelins figurant les quatre saisons, un tapis d'Aubusson, des porcelaines de Sèvres dont des vases ornés de portraits de famille, des meubles en laque de Chine et un exemplaire complet de la Description de l'Égypte, ouvrage monumental né de l'expédition de Bonaparte et devenu très rare.
L'objet le plus célèbre de Breteuil n'y est plus : la table de Teschen, chef-d'œuvre du joaillier Neuber offert au baron par l'impératrice Marie-Thérèse en remerciement de sa médiation. La famille a choisi de la céder au Louvre pour qu'elle reste en France. Une réplique est présentée au château.
Le parcours de visite a été entièrement repensé par le décorateur Jacques Garcia. Son parti pris : rendre aux pièces leur âme et leur atmosphère d'origine, avec des lumières tamisées évoquant la bougie, des couleurs franches comme on les aimait au XVIIIe siècle et des tissus réédités spécialement pour Breteuil. Le résultat est une traversée de l'histoire de France, du salon XVIIIe au boudoir de Marie-Antoinette tendu de 70 mètres de soie plissée, du cabinet de travail de Louis XVI à la Restauration, jusqu'à un salon Second Empire où la famille actuelle a mêlé ses propres souvenirs aux collections.
Les anciennes cuisines, au niveau des douves, sont présentées telles qu'elles étaient le 3 mai 1905, jour où Édouard VII vint déjeuner au château. Leurs batteries de cuivre et ustensiles, tous d'origine et restaurés, racontent la vie d'une grande maison qui employait alors une trentaine de personnes.
Breteuil a été l'un des pionniers de l'ouverture des châteaux privés au public. En 1969, Henri-François de Breteuil et son épouse (parents de l'actuel propriétaire) font ce choix, seul moyen de conserver le domaine. Plus de cinquante ans plus tard, le château accueille environ 140 000 visiteurs par an, Franciliens, visiteurs de province et étrangers, ainsi que de nombreux scolaires.
François et Pauline de Breteuil en ont repris les rênes (2025) et poursuivent l'œuvre familiale avec une ambition claire : être des passeurs d'histoire. La chapelle sert toujours aux baptêmes de la famille, les enfants ont tous dormi dans le berceau de la nurserie, et la tradition du portrait continue avec des toiles de la famille actuelle peintes par deux artistes anglais. Un château vivant, à la fois lieu de mémoire et maison de famille.
Visites et activités
Visites
- Types de visite
- Visite libre
- À visiter
- ChâteauParc et jardins
- Période d'ouverture
- Toute l'année

