
Château de Bonneval
Personnalités liées

Géraud de Bonneval
Propriétaire
Repères
- Construction
- Au début du XIVe siècle pour le château actuel
Présentation
À une quarantaine de kilomètres au sud de Limoges et une cinquantaine au nord de Brive, le château de Bonneval domine le bourg de Coussac-Bonneval du haut de sa colline. Sa particularité tient en une phrase, que Géraud de Bonneval prononce dès l'entrée : ce château a toujours appartenu à un Bonneval. C'est l'un des rares en France à n'être jamais sorti de sa famille, et à être encore habité par elle.
Cela se lit sur les murs. Faire le tour du château à pied, comme le conseille son propriétaire, c'est parcourir six siècles en quelques centaines de mètres : une façade médiévale aveugle avec ses deux ponts-levis, une façade entièrement XVIIe et ses fenêtres à meneaux, une façade XVIIIe ouverte de dix-sept fenêtres, puis de nouveau, au nord-ouest, la muraille médiévale sans aucune ouverture. Chaque génération a laissé sa marque, à l'extérieur comme à l'intérieur, et l'ensemble raconte la transformation d'une forteresse en maison où l'on vit.
Deux figures dominent ce récit. Claude Alexandre de Bonneval, le Pacha, personnage de roman né ici même, dont le nom surgit dès qu'on se penche sur la famille. Et Hippolyte de Bonneval, qui vécut cinquante-six ans dans ces murs à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, et à qui l'on doit d'avoir rendu ce château médiéval habitable. Son nom revient à chaque pièce.
Géraud et Marta de Bonneval accueillent aujourd'hui les visiteurs dans une demeure qu'ils refusent de couper en deux. Il n'y a pas ici un côté privé et un côté musée : on vit dans tout le château, on reçoit ses amis dans le grand salon, on dîne dans la salle à manger, les invités dorment dans la chambre du Roi ou dans celle du Pacha. Les visiteurs le sentent, et le disent : ce château vit, il a une âme.
L'histoire commence avec une signature. L'arbre généalogique de la famille, conservé dans la salle des archives, débute en 1050, date à laquelle on trouve la première signature d'un Bonneval, au bas d'une donation de terres consentie à des moines de Solignac. Ce premier Bonneval s'appelait Géraud, comme l'actuel propriétaire, et ils ne sont que deux à porter ce prénom dans toute l'histoire de la famille. Une coïncidence que le maître de maison laisse ses visiteurs interpréter. Une pierre datée de 930, incorporée dans la maçonnerie de la tour d'entrée, laisse supposer l'existence d'un château antérieur.
Le château visible aujourd'hui est attribué à Jean Ier, seigneur de Bonneval, au début du XIVe siècle. Des parties sont ajoutées à la fin du XVe siècle, des embellissements réalisés au début du XVIIe.
En 1569, la bataille de La Roche-l'Abeille se livre à une quinzaine de kilomètres. Les archives attestent que Gabriel de Bonneval y combattit aux côtés d'Henri de Navarre, futur Henri IV. La tradition orale veut que le prince ait dormi au château la veille, ce qui a donné son nom à la chambre du Roi, mais Géraud de Bonneval reconnaît honnêtement les limites de la preuve : plusieurs communes des alentours, dont Ségur-le-Château, revendiquent le même honneur.
La branche aînée s'éteint avec César Phœbus François de Bonneval, et le château passe à la branche cadette avec André de Bonneval. Vient ensuite la Révolution, que Bonneval traverse presque indemne, grâce à la popularité du marquis en place. Le château fut protégé par les villageois eux-mêmes, ce qui explique que les archives et le mobilier soient intacts. Gabriel André de Bonneval n'échappa pas pour autant à l'emprisonnement. Excellent peintre, il fut remarqué et réquisitionné par le comité révolutionnaire pour restaurer les tableaux pillés, tâche dont il fit durer plaisamment l'exécution, la guillotine attendant au bout. Son geôlier, devenu son ami, lui demanda le portrait de sa fille : il le fit durer aussi, à la manière de Schéhérazade.
Le grand bâtisseur suivant est Hippolyte de Bonneval, qui a vécu ici cinquante-six ans. Il ouvre dix-sept fenêtres dans des murs qui n'en comptaient aucune, ferme les chemins de ronde pour créer les galeries, restaure des colonnes de la cour, et achète partout ce qui lui semble digne du lieu. Il fonde également, vers 1820, une manufacture de porcelaine, ayant remarqué la présence d'une importante carrière de kaolin à Marcognac, à quelques kilomètres de Coussac. Elle fonctionnera jusqu'en 1855.
Bonneval se présente comme un quadrilatère flanqué de grosses tours rondes, entouré de fossés, avec deux ponts-levis sur sa façade médiévale. Au-dessus de l'entrée principale, le blason de la famille porte un lion et la devise « Victorieux à tous hasards », que le propriétaire traduit volontiers par victorieux contre tous les dangers.
Le tour du château est une leçon d'architecture comparée. Côté nord, une façade entièrement XVIIe, caractéristique de son époque par ses fenêtres à meneaux, restaurées par les parents de l'actuel propriétaire d'après le descriptif retrouvé dans les archives du château. Plus loin, la façade XVIIIe ouverte par Hippolyte. Au nord-ouest, la muraille médiévale intacte, aveugle.
La surprise est à l'intérieur : une cour Renaissance au cœur d'un château médiéval, ce qui est fort atypique. Ses colonnes, apportées par Germain de Bonneval, sont toutes différentes les unes des autres, les plus anciennes en grès, trois autres en granit, restaurées plus tard par Hippolyte. Cette cour était à l'origine un chemin de ronde à ciel ouvert ; Hippolyte l'a fermée pour créer des galeries vitrées, dont les vitraux transforment le lieu au crépuscule, quand les éclairages donnent au château une atmosphère presque mystique.
Les proportions frappent partout. La chambre d'Hippolyte, installée dans une tour et éclairée de plusieurs côtés, culmine à près de huit mètres sous une voûte d'ogives. La chapelle, bâtie par Germain de Bonneval juste au-dessus du pont-levis, est voûtée en ogive et porte le blason Bonneval en son centre, avec des anges attribués à Bouchardon. Consacrée en 1825, elle permet la célébration de tous les rites catholiques, et elle sert : baptêmes, mariages, veillées.
Le château est ouvert à la visite guidée du mois de juillet jusqu'aux Journées du patrimoine, tous les jours sauf le lundi, l'après-midi, avec des départs à 14 h 30, 15 h 30, 16 h 30 et 17 h 30. On peut arriver plus tôt pour se promener dans le parc de quinze hectares et faire le tour du château à pied, exercice vivement recommandé pour lire ses façades. Des ateliers sont organisés pour les enfants pendant l'été, où l'on se déguise en chevalier ou en princesse.
Le château accueille aussi des mariages et des séminaires d'entreprise. Un gîte de deux chambres, pour quatre personnes, a été inauguré récemment dans le parc, avec terrasse privée et jacuzzi. Des chambres d'hôtes permettent de dormir dans le château même, meublées d'époque, avec l'accueil du marquis et de la marquise.
Une note brésilienne traverse discrètement toute la visite. La mère de Géraud de Bonneval était brésilienne, son épouse Marta l'est également, et l'on croise donc, dans la chapelle et les galeries, des petits saints du XVIIIe siècle venus du Minas Gerais, une statue de Nossa Senhora Aparecida, patronne du Brésil, des pierres, des objets de folklore, et, au pays des émaux de Limoges, un émail réalisé au Brésil représentant des danseuses de Bahia célébrant Iemanjá, déesse des mers.
Le saviez-vous ?
Le pacha de Bonneval
Claude-Alexandre de Bonneval, né au château en 1675, finit sa carrière militaire comme pacha à trois queues au service de l'Empire ottoman.
Mille ans. Un château. Une famille.
Le château n'a jamais quitté la famille de Bonneval, qui l'habite toujours. La première signature d'un Bonneval date de 1050, au bas d'une donation de terres à des moines de Solignac.
Visites et activités
Visites
- Types de visite
- Visite guidée
- À visiter
- Château
Hébergement
- Type d'hébergement
- Chambre d'hôtes
Vidéos
Galerie
Questions fréquentes
Oui, et entièrement. Géraud et Marta de Bonneval refusent de réserver une aile aux propriétaires et le reste aux visiteurs : ils vivent dans tout le château, y reçoivent leurs amis, y prennent leurs repas, et leurs invités dorment dans les chambres que l'on visite.
Présentation
À une quarantaine de kilomètres au sud de Limoges et une cinquantaine au nord de Brive, le château de Bonneval domine le bourg de Coussac-Bonneval du haut de sa colline. Sa particularité tient en une phrase, que Géraud de Bonneval prononce dès l'entrée : ce château a toujours appartenu à un Bonneval. C'est l'un des rares en France à n'être jamais sorti de sa famille, et à être encore habité par elle.
Cela se lit sur les murs. Faire le tour du château à pied, comme le conseille son propriétaire, c'est parcourir six siècles en quelques centaines de mètres : une façade médiévale aveugle avec ses deux ponts-levis, une façade entièrement XVIIe et ses fenêtres à meneaux, une façade XVIIIe ouverte de dix-sept fenêtres, puis de nouveau, au nord-ouest, la muraille médiévale sans aucune ouverture. Chaque génération a laissé sa marque, à l'extérieur comme à l'intérieur, et l'ensemble raconte la transformation d'une forteresse en maison où l'on vit.
Deux figures dominent ce récit. Claude Alexandre de Bonneval, le Pacha, personnage de roman né ici même, dont le nom surgit dès qu'on se penche sur la famille. Et Hippolyte de Bonneval, qui vécut cinquante-six ans dans ces murs à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, et à qui l'on doit d'avoir rendu ce château médiéval habitable. Son nom revient à chaque pièce.
Géraud et Marta de Bonneval accueillent aujourd'hui les visiteurs dans une demeure qu'ils refusent de couper en deux. Il n'y a pas ici un côté privé et un côté musée : on vit dans tout le château, on reçoit ses amis dans le grand salon, on dîne dans la salle à manger, les invités dorment dans la chambre du Roi ou dans celle du Pacha. Les visiteurs le sentent, et le disent : ce château vit, il a une âme.
L'histoire commence avec une signature. L'arbre généalogique de la famille, conservé dans la salle des archives, débute en 1050, date à laquelle on trouve la première signature d'un Bonneval, au bas d'une donation de terres consentie à des moines de Solignac. Ce premier Bonneval s'appelait Géraud, comme l'actuel propriétaire, et ils ne sont que deux à porter ce prénom dans toute l'histoire de la famille. Une coïncidence que le maître de maison laisse ses visiteurs interpréter. Une pierre datée de 930, incorporée dans la maçonnerie de la tour d'entrée, laisse supposer l'existence d'un château antérieur.
Le château visible aujourd'hui est attribué à Jean Ier, seigneur de Bonneval, au début du XIVe siècle. Des parties sont ajoutées à la fin du XVe siècle, des embellissements réalisés au début du XVIIe.
En 1569, la bataille de La Roche-l'Abeille se livre à une quinzaine de kilomètres. Les archives attestent que Gabriel de Bonneval y combattit aux côtés d'Henri de Navarre, futur Henri IV. La tradition orale veut que le prince ait dormi au château la veille, ce qui a donné son nom à la chambre du Roi, mais Géraud de Bonneval reconnaît honnêtement les limites de la preuve : plusieurs communes des alentours, dont Ségur-le-Château, revendiquent le même honneur.
La branche aînée s'éteint avec César Phœbus François de Bonneval, et le château passe à la branche cadette avec André de Bonneval. Vient ensuite la Révolution, que Bonneval traverse presque indemne, grâce à la popularité du marquis en place. Le château fut protégé par les villageois eux-mêmes, ce qui explique que les archives et le mobilier soient intacts. Gabriel André de Bonneval n'échappa pas pour autant à l'emprisonnement. Excellent peintre, il fut remarqué et réquisitionné par le comité révolutionnaire pour restaurer les tableaux pillés, tâche dont il fit durer plaisamment l'exécution, la guillotine attendant au bout. Son geôlier, devenu son ami, lui demanda le portrait de sa fille : il le fit durer aussi, à la manière de Schéhérazade.
Le grand bâtisseur suivant est Hippolyte de Bonneval, qui a vécu ici cinquante-six ans. Il ouvre dix-sept fenêtres dans des murs qui n'en comptaient aucune, ferme les chemins de ronde pour créer les galeries, restaure des colonnes de la cour, et achète partout ce qui lui semble digne du lieu. Il fonde également, vers 1820, une manufacture de porcelaine, ayant remarqué la présence d'une importante carrière de kaolin à Marcognac, à quelques kilomètres de Coussac. Elle fonctionnera jusqu'en 1855.
Bonneval se présente comme un quadrilatère flanqué de grosses tours rondes, entouré de fossés, avec deux ponts-levis sur sa façade médiévale. Au-dessus de l'entrée principale, le blason de la famille porte un lion et la devise « Victorieux à tous hasards », que le propriétaire traduit volontiers par victorieux contre tous les dangers.
Le tour du château est une leçon d'architecture comparée. Côté nord, une façade entièrement XVIIe, caractéristique de son époque par ses fenêtres à meneaux, restaurées par les parents de l'actuel propriétaire d'après le descriptif retrouvé dans les archives du château. Plus loin, la façade XVIIIe ouverte par Hippolyte. Au nord-ouest, la muraille médiévale intacte, aveugle.
La surprise est à l'intérieur : une cour Renaissance au cœur d'un château médiéval, ce qui est fort atypique. Ses colonnes, apportées par Germain de Bonneval, sont toutes différentes les unes des autres, les plus anciennes en grès, trois autres en granit, restaurées plus tard par Hippolyte. Cette cour était à l'origine un chemin de ronde à ciel ouvert ; Hippolyte l'a fermée pour créer des galeries vitrées, dont les vitraux transforment le lieu au crépuscule, quand les éclairages donnent au château une atmosphère presque mystique.
Les proportions frappent partout. La chambre d'Hippolyte, installée dans une tour et éclairée de plusieurs côtés, culmine à près de huit mètres sous une voûte d'ogives. La chapelle, bâtie par Germain de Bonneval juste au-dessus du pont-levis, est voûtée en ogive et porte le blason Bonneval en son centre, avec des anges attribués à Bouchardon. Consacrée en 1825, elle permet la célébration de tous les rites catholiques, et elle sert : baptêmes, mariages, veillées.
Le château est ouvert à la visite guidée du mois de juillet jusqu'aux Journées du patrimoine, tous les jours sauf le lundi, l'après-midi, avec des départs à 14 h 30, 15 h 30, 16 h 30 et 17 h 30. On peut arriver plus tôt pour se promener dans le parc de quinze hectares et faire le tour du château à pied, exercice vivement recommandé pour lire ses façades. Des ateliers sont organisés pour les enfants pendant l'été, où l'on se déguise en chevalier ou en princesse.
Le château accueille aussi des mariages et des séminaires d'entreprise. Un gîte de deux chambres, pour quatre personnes, a été inauguré récemment dans le parc, avec terrasse privée et jacuzzi. Des chambres d'hôtes permettent de dormir dans le château même, meublées d'époque, avec l'accueil du marquis et de la marquise.
Une note brésilienne traverse discrètement toute la visite. La mère de Géraud de Bonneval était brésilienne, son épouse Marta l'est également, et l'on croise donc, dans la chapelle et les galeries, des petits saints du XVIIIe siècle venus du Minas Gerais, une statue de Nossa Senhora Aparecida, patronne du Brésil, des pierres, des objets de folklore, et, au pays des émaux de Limoges, un émail réalisé au Brésil représentant des danseuses de Bahia célébrant Iemanjá, déesse des mers.
Le saviez-vous ?
Le pacha de Bonneval
Claude-Alexandre de Bonneval, né au château en 1675, finit sa carrière militaire comme pacha à trois queues au service de l'Empire ottoman.
Mille ans. Un château. Une famille.
Le château n'a jamais quitté la famille de Bonneval, qui l'habite toujours. La première signature d'un Bonneval date de 1050, au bas d'une donation de terres à des moines de Solignac.
Visites et activités
Visites
- Types de visite
- Visite guidée
- À visiter
- Château
Hébergement
- Type d'hébergement
- Chambre d'hôtes
Vidéos
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Questions fréquentes
Oui, et entièrement. Géraud et Marta de Bonneval refusent de réserver une aile aux propriétaires et le reste aux visiteurs : ils vivent dans tout le château, y reçoivent leurs amis, y prennent leurs repas, et leurs invités dorment dans les chambres que l'on visite.
