
Incendie du château de Médavy : un an plus tard... (AVANT/APRÈS)
Un an après l'incendie du 24 septembre 2025, So Châteaux a pu entrer dans le château de Médavy (Orne). Dégâts, œuvres perdues, travaux et réouverture progressive de 2027 à 2029.
Dans la nuit du 24 au 25 septembre 2025, un incendie a ravagé une grande partie du château de Médavy, dans l'Orne, à environ deux heures trente à l'ouest de Paris. Un an plus tard, So Châteaux a eu un accès exclusif à l'intérieur du château. Guidés par son propriétaire, Jean-Louis Charon, nous avons pu parcourir les pièces sinistrées, du pavillon de l'escalier au pavillon des Douves, et y filmer et photographier l'état actuel des lieux. Nous avions déjà tourné à Médavy avant l'incendie, ce qui nous permet aujourd'hui de montrer les mêmes pièces avant et après.

AvantAprèsL'essentiel en bref
- Date : nuit du 24 au 25 septembre 2025
- Durée : le feu a pris vers 21 h 30 et n'a été maîtrisé que vers 5 h du matin
- Moyens engagés : 90 pompiers, en présence du préfet de l'Orne et du président du département
- Ampleur : environ deux tiers du château touchés, jusqu'à trois quarts au deuxième étage, combles et toitures détruits
- Reprise du feu : une semaine plus tard, un foyer resté actif sous un plancher est reparti, puis a été rapidement maîtrisé
- Coût estimé de la restauration : 14 millions d'euros
- Réouverture : progressive, de l'été 2027 à 2029
Un château du XVIIIe siècle, protégé au titre des monuments historiques
Le château de Médavy a été construit entre 1700 et 1723, sur les fondations d'une forteresse médiévale. Il a été agrandi et embelli au XVIIIe siècle. Il est protégé au titre des monuments historiques depuis 1926, et ses façades, toitures et deux tours depuis 1989. Jean-Louis Charon et son épouse en sont propriétaires depuis 2004, et l'avaient largement restauré avant l'incendie.
Une nuit d'intervention
Le feu s'est surtout propagé par les combles. Pour l'éteindre, les pompiers ont percé la toiture afin de faire passer les lances, alimentées par l'eau des douves. Le niveau des douves a baissé d'environ un mètre entre la veille et le lendemain de l'incendie.
Jean-Louis Charon souligne un point utile à tous les propriétaires : les assureurs regardent de près les points d'eau disponibles autour d'une demeure. À Médavy, les douves avaient été prises en compte, et elles ont permis de sauver une large partie du château.
Une semaine après l'intervention, le feu est reparti entre le sol de la salle à manger et la pièce voisine, où il avait couvé. Ce second départ, très localisé, a été rapidement maîtrisé.
Le pavillon de l'escalier, la partie la plus touchée

AvantAprèsLe pavillon de l'escalier et l'appartement privé des propriétaires ont été entièrement détruits. Du grand escalier, il ne reste que la pierre. Tout ce qui n'était pas en pierre a brûlé.

AvantAprèsAvant toute mesure de protection, il a fallu sécuriser les zones menacées d'effondrement, à la demande des experts, des assureurs et de la gendarmerie. Un « parapluie », une grande structure métallique qui met les vestiges de l'escalier à l'abri des intempéries, n'a pu être installé que fin janvier, soit environ quatre mois après le sinistre.

Les gravats sont retirés très progressivement, pour ne pas faire disparaître d'éléments utiles à l'enquête sur l'origine du feu.
Des œuvres perdues définitivement

AvantAprèsDans la salle à manger et le grand escalier, aucun objet n'a survécu. Parmi les pertes citées par le propriétaire :
- un buffet de château qu'il décrit comme unique ;
- deux Atlantes du peintre vénitien Giovanni Battista Piazzetta ;
- un clavecin italien du XVIe siècle ;
- de la vaisselle de la Compagnie des Indes ;
- deux statues nubiennes vénitiennes de la fin du XVIIIe siècle ;
- deux grandes natures mortes de Jan Venix.

La perte la plus lourde se trouvait dans l'appartement privé : une collection réunie pendant 22 ans, les 32 cartes de l'atlas imprimé à Ulm en 1482 d'après la Géographie de Ptolémée. Jean-Louis Charon considère qu'il ne pourra probablement jamais la reconstituer.
Les pièces restaurées : moins brûlées, mais très abîmées

AvantAprèsPlus on s'éloigne du pavillon de l'escalier, moins le feu a fait de dégâts. Le grand salon, le petit salon chinois et les galeries n'ont pas brûlé entièrement. Ils ont pourtant souffert de la fumée, de la suie et surtout de l'eau des lances.

AvantAprèsToutes les boiseries du château ont été démontées et mises à l'abri pour sécher, dans l'espoir de pouvoir les remettre en place sans les refaire entièrement. Le mobilier évacué pendant la nuit par les pompiers et l'équipe du château est en cours de restauration. On compte notamment une série de fauteuils Jacob, une armoire de Nicolas Sageot, et un lit acquis auprès de Buckingham Palace, qui provenait d'une résidence de la reine mère Elizabeth.

AvantAprèsLes sols posent encore question. Dans la galerie du rez-de-chaussée, les carreaux à cabochons ont pris la fumée et sont devenus gris. Personne ne sait encore s'ils pourront être récupérés. Ici, le couleur du premier étage :

AvantAprèsLes travaux continuent
Malgré l'incertitude financière, les propriétaires ont choisi de conserver toute l'équipe de Médavy : sept personnes à plein temps. Elles poursuivent deux chantiers engagés avant l'incendie :
- le pavillon des Douves, épargné par le feu. Sa salle aux plafonds peints, dont le décor historié est daté de 1615, est en cours de restauration avec le soutien de la DRAC ;
- le saut de loup, la dernière section des douves, à l'entrée de la propriété.
Le calendrier de réouverture envisagé
Les propriétaires prévoient une réouverture progressive, en trois étapes :
- Été 2027 : le pavillon des Douves, épargné par l'incendie et en cours de restauration
- 2028 : le corps central
- 2029 : les parties les plus touchées, dont le pavillon du grand escalier
450 000 € du Loto du Patrimoine
La restauration est estimée à 14 millions d'euros. Le château est couvert par une assurance américaine, qui a joué le jeu jusqu'à présent selon le propriétaire, mais l'indemnisation ne couvrira pas forcément tout le budget.
En avril 2026, Médavy a été retenu parmi les 18 sites emblématiques du Loto du Patrimoine 2026, dans le cadre de la Mission Patrimoine portée par Stéphane Bern et la Fondation du patrimoine. Le château représente la Normandie. À ce titre, un chèque de 450 000 € a été officiellement remis aux propriétaires au château de Médavy, le samedi 19 septembre 2026, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.
Soutenir la reconstruction
La Fondation du patrimoine a ouvert une collecte, « Ensemble, ressuscitons le château de Médavy ! », avec l'appui du ministère de la Culture et d'associations comme La Demeure Historique et Vieilles Maisons Françaises. Les dons sont intégralement affectés aux travaux de restauration. Pour un particulier, ils ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu de 66 % : un don de 100 € revient ainsi à 34 € après réduction.
Soutenir la reconstruction du château de Médavy
Questions fréquentes
Où se trouve le château de Médavy ?
Dans l'Orne, en Normandie, près de Mortrée, à environ deux heures trente à l'ouest de Paris.
Quand a eu lieu l'incendie ?
Dans la nuit du 24 au 25 septembre 2025. Le feu a duré environ sept heures.
Quelle partie du château a brûlé ?
Environ deux tiers du bâtiment ont été touchés. Le pavillon de l'escalier et l'appartement des propriétaires ont été entièrement détruits.
Combien coûte la reconstruction ?
Elle est estimée à 14 millions d'euros. Le château a reçu 450 000 € du Loto du Patrimoine 2026, et une collecte de la Fondation du patrimoine est en cours.
Le château est-il visitable ?
Pas pour le moment. La réouverture est envisagée en trois étapes : le pavillon des Douves à l'été 2027, le corps central en 2028, puis les parties les plus touchées, dont le grand escalier, en 2029.
Comment soutenir la reconstruction ?
En faisant un don à la collecte de la Fondation du patrimoine, déductible à 66 % de l'impôt sur le revenu. Soutenir
Retrouvez ci-dessous les deux vidéos tournées par So Châteaux au château de Médavy.
Photos : So Châteaux
Le château

Château de Médavy
OrneNormandie
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