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Samuel Roger

Samuel Roger

1968-2023

Propriétaire
Marchand d'art

Origines

Une jeunesse dans les Yvelines

Samuel Roger naît le 14 février 1968 à Saint-Cloud. Il grandit dans les Yvelines et fréquente le lycée Saint-Pierre-Saint-Paul de Dreux. En cours de seconde, il quitte la filière classique pour une école professionnelle parisienne de graphisme et d’illustration, où il suit pendant trois ans des cours de marketing, d’histoire de l’art et de photographie. En 1987, il effectue son premier stage au sein du groupe Filipacchi, sur les Champs-Élysées.

Le goût des objets anciens lui vient de son père, qui lance en 1981 une activité de récupération de matériaux de construction anciens. Son père rêvait aussi, depuis toujours, de posséder un château.

Origines, une maison de référence

En 1992, quand son père décide de prendre du recul, il propose à Samuel de reprendre l’affaire. Celui-ci préfère bâtir sa propre vision : il fonde en septembre 1992, à Houdan, la société Origines, spécialisée dans les cheminées anciennes, les éléments d’architecture et les ornements de jardin.

L’entreprise s’installe ensuite à Richebourg, au lieu-dit Le Four à Chaux, avec un showroom ouvert au public et, derrière, un atelier où un tailleur de pierre et un maçon restaurent cheminées, puits et bassins. Les pièces, du XVe au XXe siècle, proviennent de démolitions de bâtiments anciens et de domaines remarquables, en France et parfois à l’étranger. Origines dispose aussi d’un établissement au marché Paul-Bert, à Saint-Ouen. La maison documente l’histoire de chaque pièce pour la transmettre à son acheteur.

Origines devient l’une des adresses majeures du marché des antiquités architecturales. Le décorateur Jean-Louis Deniot y puise régulièrement, et des cheminées de la maison se retrouvent jusqu’à La Nouvelle-Orléans, dans la demeure du chef Emeril Lagasse. En 2011, après dix-neuf ans de métier, Samuel Roger estime avoir sauvé quelque 2 500 cheminées anciennes, réinstallées dans des châteaux et demeures en France et à l’étranger.

L’auteur

La même année, il publie Cheminées françaises aux éditions Vial, un ouvrage illustré consacré aux styles de la cheminée française, qui fait de lui une autorité reconnue sur le sujet. Il pratique aussi la photographie de paysages et de sites urbains lors de ses voyages.

Le coup de foudre de Marcellus

En mars 2020, avec son épouse Catherine, il envisage de quitter la région parisienne pour le Bordelais. Le couple visite dix-sept châteaux en trois tournées. C’est Marcellus, dans le Lot-et-Garonne, qui l’emporte.

Le domaine a une histoire à la hauteur de sa passion. Sur l’emplacement d’une forteresse médiévale qui défendait la plaine de la Garonne, Henri de Navarre, futur Henri IV, cède le château en 1581 à Aymeric de Gasq, conseiller au parlement de Bordeaux. Au début du XVIIIe siècle, le domaine passe à la famille Martin du Tyrac de Marcellus. En 1773, l’architecte bordelais Richard-François Bonfin dessine pour le comte André Joseph de Martin du Tyrac le château néoclassique actuel. Passé au XIXe siècle par alliance aux Chérade de Montbron, il est resté dans la même famille pendant des siècles. Un ancêtre des vendeurs ayant participé au rapatriement de la Vénus de Milo en France, une copie de la statue offerte par Louis XVIII trônait dans le grand salon. Les salons et la cage d’escalier sont protégés au titre des monuments historiques.

La vente, de 1 950 000 euros, est conclue fin 2020 par le Groupe Mercure Bordeaux. Après avoir vendu leur maison de Richebourg et surmonté trois mois de retard liés aux banques et assurances, le couple s’installe au château en octobre 2020. Le domaine compte plus de 1 000 m² habitables sur des caves voûtées, au cœur d’un parc d’environ 35 hectares dominant la vallée de la Garonne.

Un écrin pour une collection

Pour Samuel Roger, Marcellus devient la vitrine d’Origines. Les 29 et 30 mai 2021, une partie de sa collection d’antiquités architecturales et d’ornements de jardin est dispersée aux enchères au château même, sous le marteau de Maître Collin du Bocage. Il prévoit d’élargir l’offre d’Origines aux tableaux des XVIIIe et XIXe siècles, aux petites sculptures, aux objets d’art et au mobilier, avec une ouverture sur rendez-vous.

Le château, qui a conservé une partie de son mobilier d’origine, s’enrichit de pièces du XVIe au XIXe siècle issues d’Origines. La restauration, engagée en 2020, s’étend sur trois ans, avec le souci de conserver ou de recréer chaque élément selon les techniques anciennes. Catherine Roger lance parallèlement, dès 2021, une activité de mariages, réceptions, séminaires et chambres d’hôtes.

La disparition

Samuel Roger meurt à Marcellus le 26 septembre 2023, à 55 ans, trois ans à peine après avoir réalisé au château le rêve de son père. Catherine Roger poursuit depuis l’animation du domaine.

Château associé

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