
Château de Tournoël
Personnalités liées

Claude Aguttes
Propriétaire
Repères
- Protection
- Classé MH
- Construction
- 1200
Présentation
Tournoël se dresse sur un éperon rocheux à mi-hauteur du puy de la Bannière, au-dessus de la plaine de la Limagne, au nord de Volvic. Un ravin en fait le tour, un massif volcanique le ferme d'un côté : on ne peut l'atteindre que par une seule pente, et encore raide. Philippe Auguste le jugeait inexpugnable, ce qui ne l'a pas empêché de le prendre par la ruse. Le château a connu cinq sièges. On en trouve encore les impacts de balles sur les murs intérieurs.
Le site est mentionné dès le Xe siècle, mais l'histoire du château commence vraiment vers 1200, quand il appartient à Guy II, comte d'Auvergne. Il devient ensuite possession royale, puis passe de grande famille en grande famille jusqu'aux Chabrol, qui l'achètent au XVIIIe siècle et le conservent deux siècles et demi. Abandonné au XIXe siècle, transformé en carrière de pierres, dépouillé de tous ses dallages de Volvic, décoiffé par une tempête en 1840, il n'était plus, en 2000, qu'une ruine magnifique et parfaitement entretenue : tous les murs debout, et absolument rien d'autre. Ni porte, ni fenêtre, ni sol, ni plancher, ni plafond, ni toit.
Claude et Bernadette Aguttes l'achètent cette année-là. Vingt ans plus tard, Tournoël est chauffé, meublé, décoré, habitable et habité. C'est un parti pris de restauration assumé, que son propriétaire défend sans détour : une ruine tenue par un particulier ne survit que s'il y trouve du plaisir, s'il peut y déjeuner, y dormir, y réunir ses enfants. Le reste, dit-il, relève de l'État.
Une mention d'un Bertrand de Tournoël apparaît dans les archives locales au Xe siècle, mais on ne sait rien du bâtiment qui pouvait alors occuper le site : peut-être une tour de guet, peut-être une tour de bois. Vers 1200, le château appartient à la puissante famille d'Auvergne. Guy II, fier, indépendant et belliqueux, est en guerre ouverte avec son frère Robert, évêque de Clermont. Philippe Auguste saisit ce prétexte pour attaquer les places fortes de la région et met le siège devant Tournoël en 1210. Le château tombe par la ruse, faute de pouvoir être pris autrement.
Réuni à la couronne, il est donné en apanage à Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, qui y vient en 1250. Philippe le Bel l'échange ensuite contre des possessions en Limousin avec la famille de Maulmont. Suivent les d'Apchon, les La Roche, les Montvallat, les Naucaze. Une campagne d'embellissement importante a lieu vers 1450 à l'initiative d'Antoine de la Roche, qui orne la vieille tour d'escalier d'un décor de gothique flamboyant sculpté dans la pierre de Volvic. Vers 1510, Jean d'Albon de Saint-André fait élever la tour dite tour des miches, bâtie en carreaux et boutisses pour être indestructible. Soixante ans plus tard, les guerres de la Ligue la découronnent et le château, pris par les ligueurs, sort très abîmé de l'épisode. Le pélican sculpté de la tour d'escalier disparaît alors. La Révolution, elle, ne touchera pas Tournoël : le château était devenu exploitation agricole.
En 1760, la famille de Chabrol acquiert le château. Les archives, elles, partent à Lyon. Les Chabrol le conservent jusqu'en 2000, et à partir de 1920 installent un gardien permanent, ce qui met fin au pillage des pierres. La famille s'éteint, les héritiers vendent. Un détail dit tout de cette continuité : lorsque le château fut classé Monument historique, vers 1880, le propriétaire de l'époque posa une condition à son accord, celle de pouvoir le restaurer et le rendre habitable.
La restauration de Claude Aguttes
Les deux premières années ont servi à comprendre le bâtiment. Le propriétaire raconte être venu s'asseoir dans la grande salle à ciel ouvert, sous la pluie, le soleil et la neige, à grattter les murs pour savoir de quelle pierre ils étaient faits et pourquoi. Puis le chantier a suivi un ordre simple : d'abord les toits, ensuite l'intérieur, enfin les décors.
Les campagnes se sont enchaînées. En 2001, l'enduit du donjon carré, la remise en état des pièces transformées en logement de gardien, le dallage de la chambre du châtelain et de la chapelle des vassaux. En 2002, l'enduit des courtines de la première cour, le dallage de la grande salle et les premières portes, toutes celles d'origine ayant été volées. En 2003, le pavage de la première cour, le début des couvertures de la grande salle et de la chambre de la châtelaine, la reprise de la tour Nord, la restauration des peintures de l'oratoire, et de nouvelles portes à plis de serviette copiant exactement celle de la chapelle. En 2004, le chemin de ronde, les plafonds, le dallage de la cour d'honneur et le début d'un jardin dans la première cour. Puis les fenêtres, dessinées et remises en place selon l'époque de chaque baie, garnies de vitraux, et un verger d'espèces disparues planté dans l'enceinte basse.
La méthode combine l'archéologie et l'invention assumée. Un dessin de Revel daté de 1450, conservé à la Bibliothèque nationale, montre une porte ouverte, le passage et les premières marches d'un escalier. Une étude de l'archéologue du bâti Christian Corvisier et quelques fouilles ont livré les fondations, les emplacements d'axes de porte et le logement de la barre de fermeture : l'escalier et son ensemble ont pu être reconstruits exactement à leur place, et la porte, deux ans de fabrication, aux dimensions d'origine. Ailleurs, un mètre carré de décor retrouvé dans les gravats a servi de modèle à tout un sol de tomettes, et une trace de décor subsistant au-dessus d'une cheminée a été reproduite dans plusieurs pièces.
Les décors peints sont l'autre parti pris. Tout était peint autrefois, y compris la pierre, parce que la pierre nue c'est le monde extérieur, le monde sauvage, et qu'à l'intérieur c'est l'homme qui domine. La grande cheminée a donc été repeinte, comme le reste. Faute de pouvoir acheter des tapisseries d'une qualité suffisante, le propriétaire a préféré faire peindre de fausses tapisseries d'un décor qui lui plaît. Une équipe de peintres décorateurs patine systématiquement les surfaces neuves, et Murielle Delaet a signé le trompe-l'œil de la chambre de la châtelaine. Le chauffage, lui, est dissimulé dans des coffres que l'on referme au printemps. Une fois les murs chauds, ce qui prend trois ou quatre jours, le château devient confortable.
Les archives
C'est le coup de chance de l'histoire. Le propriétaire savait que les archives de Tournoël avaient quitté le château en 1760 pour un hôtel particulier de Lyon, et qu'elles appartenaient à un parent des vendeurs. Une dizaine d'années après l'achat, il a pu les acquérir en totalité : peut-être dix mille documents, allant de 1200 à 1850, actes et terriers compris, dont un registre daté de 1443. Les anciens propriétaires y ont ajouté les archives du château de Murol, dont personne ne voulait.
Le fonds est aujourd'hui rangé dans une salle dédiée, dans des boîtes en forme de livres inspirées de celles d'une cathédrale italienne. Chaque été, une dizaine d'étudiants de l'École des chartes viennent une quinzaine de jours, logés sur place, pour en dresser l'inventaire. Une fois celui-ci achevé, le propriétaire souhaite faire classer l'ensemble Monument historique in situ, afin que les archives restent attachées au château comme le sont des boiseries ou des portes, et ne puissent jamais être vendues au détail.
Tournoël est bâti sur une langue de rocher de moins de cent mètres de long. Cette contrainte explique tout : on n'y agrandit pas, on y transforme ce qui existe déjà, indéfiniment. Trois époques se superposent. Vers 1200, un donjon carré, tour de résidence, avec un mur de remparts. Aux XIIIe et XIVe siècles, le grand donjon rond philippien, tour purement défensive, élevée pour impressionner : quand on est fort, on n'est pas attaqué. Vers 1400 à 1450, les décors, une tour à canons au surprenant décor de bossages en demi-boulets, et la chapelle Sainte-Anne.
Les habitations s'adossent aux murs qui rejoignent la grande tour, avec des préaux ouverts sur la cour dont les traces ont été volontairement conservées. À la Renaissance, on cherche à rendre l'ensemble habitable : on bouche les préaux, on percer de belles fenêtres, on construit une cage d'escalier et un passage vers la chapelle. La tour d'escalier de la cour d'honneur, en pierre de Volvic, une roche dure mais fine qui se prête à la sculpture, cherche à reproduire l'ambiance d'un hôtel particulier lyonnais ou riomois, avec sa cour fermée et son escalier desservant tous les étages.
La grande salle illustre le procédé. Le mur qui la borde était un mur de défense protégeant la tour ronde : quand les assaillants entraient, les défenseurs reculaient jusqu'à s'y retrancher. À la Renaissance, ce mur et la cour qu'il fermait sont devenus une pièce. Les murs atteignent trois mètres d'épaisseur. Enfin, la tour ronde présente une particularité rare, un chemin de mâchicoulis placé à mi-hauteur, encore criblé d'impacts de balles.
Le château est ouvert à la visite en juillet et en août, en visites guidées, et des visites sont organisées certains week-ends d'automne et d'hiver pour qui se signale par courriel. L'intégralité des recettes de billetterie est réinvestie en travaux, ce que le château affirme sans détour : en visitant Tournoël, on participe au chantier.
Surtout, le lieu vit. Des scouts campent à côté l'été, une messe y est célébrée chaque jour à dix heures, des jeunes guides chantent l'office, la famille y déjeune et y dîne, les enfants y fêtent leurs anniversaires de mariage, les étudiants y dorment dans un dortoir aux signes du zodiaque. Le propriétaire assume la critique que ses restaurations peuvent susciter : il a changé la ruine, mais elle vit, et il s'en occupe tous les jours. Il reste beaucoup à faire, du sauvetage des peintures des deux chapelles à des projets qu'il qualifie lui-même de fous, comme remonter l'éperon du donjon rond détruit pendant les guerres de la Ligue, ou dégager la chapelle Sainte-Foy, enterrée depuis quatre siècles.
Vidéos
Galerie
Questions fréquentes
Oui, en visite guidée, en juillet et en août. Des visites sont aussi organisées certains week-ends en automne et en hiver : il faut le signaler par courriel pour être informé des dates. Le prix des billets est entièrement réinvesti dans la restauration.
Présentation
Tournoël se dresse sur un éperon rocheux à mi-hauteur du puy de la Bannière, au-dessus de la plaine de la Limagne, au nord de Volvic. Un ravin en fait le tour, un massif volcanique le ferme d'un côté : on ne peut l'atteindre que par une seule pente, et encore raide. Philippe Auguste le jugeait inexpugnable, ce qui ne l'a pas empêché de le prendre par la ruse. Le château a connu cinq sièges. On en trouve encore les impacts de balles sur les murs intérieurs.
Le site est mentionné dès le Xe siècle, mais l'histoire du château commence vraiment vers 1200, quand il appartient à Guy II, comte d'Auvergne. Il devient ensuite possession royale, puis passe de grande famille en grande famille jusqu'aux Chabrol, qui l'achètent au XVIIIe siècle et le conservent deux siècles et demi. Abandonné au XIXe siècle, transformé en carrière de pierres, dépouillé de tous ses dallages de Volvic, décoiffé par une tempête en 1840, il n'était plus, en 2000, qu'une ruine magnifique et parfaitement entretenue : tous les murs debout, et absolument rien d'autre. Ni porte, ni fenêtre, ni sol, ni plancher, ni plafond, ni toit.
Claude et Bernadette Aguttes l'achètent cette année-là. Vingt ans plus tard, Tournoël est chauffé, meublé, décoré, habitable et habité. C'est un parti pris de restauration assumé, que son propriétaire défend sans détour : une ruine tenue par un particulier ne survit que s'il y trouve du plaisir, s'il peut y déjeuner, y dormir, y réunir ses enfants. Le reste, dit-il, relève de l'État.
Une mention d'un Bertrand de Tournoël apparaît dans les archives locales au Xe siècle, mais on ne sait rien du bâtiment qui pouvait alors occuper le site : peut-être une tour de guet, peut-être une tour de bois. Vers 1200, le château appartient à la puissante famille d'Auvergne. Guy II, fier, indépendant et belliqueux, est en guerre ouverte avec son frère Robert, évêque de Clermont. Philippe Auguste saisit ce prétexte pour attaquer les places fortes de la région et met le siège devant Tournoël en 1210. Le château tombe par la ruse, faute de pouvoir être pris autrement.
Réuni à la couronne, il est donné en apanage à Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, qui y vient en 1250. Philippe le Bel l'échange ensuite contre des possessions en Limousin avec la famille de Maulmont. Suivent les d'Apchon, les La Roche, les Montvallat, les Naucaze. Une campagne d'embellissement importante a lieu vers 1450 à l'initiative d'Antoine de la Roche, qui orne la vieille tour d'escalier d'un décor de gothique flamboyant sculpté dans la pierre de Volvic. Vers 1510, Jean d'Albon de Saint-André fait élever la tour dite tour des miches, bâtie en carreaux et boutisses pour être indestructible. Soixante ans plus tard, les guerres de la Ligue la découronnent et le château, pris par les ligueurs, sort très abîmé de l'épisode. Le pélican sculpté de la tour d'escalier disparaît alors. La Révolution, elle, ne touchera pas Tournoël : le château était devenu exploitation agricole.
En 1760, la famille de Chabrol acquiert le château. Les archives, elles, partent à Lyon. Les Chabrol le conservent jusqu'en 2000, et à partir de 1920 installent un gardien permanent, ce qui met fin au pillage des pierres. La famille s'éteint, les héritiers vendent. Un détail dit tout de cette continuité : lorsque le château fut classé Monument historique, vers 1880, le propriétaire de l'époque posa une condition à son accord, celle de pouvoir le restaurer et le rendre habitable.
La restauration de Claude Aguttes
Les deux premières années ont servi à comprendre le bâtiment. Le propriétaire raconte être venu s'asseoir dans la grande salle à ciel ouvert, sous la pluie, le soleil et la neige, à grattter les murs pour savoir de quelle pierre ils étaient faits et pourquoi. Puis le chantier a suivi un ordre simple : d'abord les toits, ensuite l'intérieur, enfin les décors.
Les campagnes se sont enchaînées. En 2001, l'enduit du donjon carré, la remise en état des pièces transformées en logement de gardien, le dallage de la chambre du châtelain et de la chapelle des vassaux. En 2002, l'enduit des courtines de la première cour, le dallage de la grande salle et les premières portes, toutes celles d'origine ayant été volées. En 2003, le pavage de la première cour, le début des couvertures de la grande salle et de la chambre de la châtelaine, la reprise de la tour Nord, la restauration des peintures de l'oratoire, et de nouvelles portes à plis de serviette copiant exactement celle de la chapelle. En 2004, le chemin de ronde, les plafonds, le dallage de la cour d'honneur et le début d'un jardin dans la première cour. Puis les fenêtres, dessinées et remises en place selon l'époque de chaque baie, garnies de vitraux, et un verger d'espèces disparues planté dans l'enceinte basse.
La méthode combine l'archéologie et l'invention assumée. Un dessin de Revel daté de 1450, conservé à la Bibliothèque nationale, montre une porte ouverte, le passage et les premières marches d'un escalier. Une étude de l'archéologue du bâti Christian Corvisier et quelques fouilles ont livré les fondations, les emplacements d'axes de porte et le logement de la barre de fermeture : l'escalier et son ensemble ont pu être reconstruits exactement à leur place, et la porte, deux ans de fabrication, aux dimensions d'origine. Ailleurs, un mètre carré de décor retrouvé dans les gravats a servi de modèle à tout un sol de tomettes, et une trace de décor subsistant au-dessus d'une cheminée a été reproduite dans plusieurs pièces.
Les décors peints sont l'autre parti pris. Tout était peint autrefois, y compris la pierre, parce que la pierre nue c'est le monde extérieur, le monde sauvage, et qu'à l'intérieur c'est l'homme qui domine. La grande cheminée a donc été repeinte, comme le reste. Faute de pouvoir acheter des tapisseries d'une qualité suffisante, le propriétaire a préféré faire peindre de fausses tapisseries d'un décor qui lui plaît. Une équipe de peintres décorateurs patine systématiquement les surfaces neuves, et Murielle Delaet a signé le trompe-l'œil de la chambre de la châtelaine. Le chauffage, lui, est dissimulé dans des coffres que l'on referme au printemps. Une fois les murs chauds, ce qui prend trois ou quatre jours, le château devient confortable.
Les archives
C'est le coup de chance de l'histoire. Le propriétaire savait que les archives de Tournoël avaient quitté le château en 1760 pour un hôtel particulier de Lyon, et qu'elles appartenaient à un parent des vendeurs. Une dizaine d'années après l'achat, il a pu les acquérir en totalité : peut-être dix mille documents, allant de 1200 à 1850, actes et terriers compris, dont un registre daté de 1443. Les anciens propriétaires y ont ajouté les archives du château de Murol, dont personne ne voulait.
Le fonds est aujourd'hui rangé dans une salle dédiée, dans des boîtes en forme de livres inspirées de celles d'une cathédrale italienne. Chaque été, une dizaine d'étudiants de l'École des chartes viennent une quinzaine de jours, logés sur place, pour en dresser l'inventaire. Une fois celui-ci achevé, le propriétaire souhaite faire classer l'ensemble Monument historique in situ, afin que les archives restent attachées au château comme le sont des boiseries ou des portes, et ne puissent jamais être vendues au détail.
Tournoël est bâti sur une langue de rocher de moins de cent mètres de long. Cette contrainte explique tout : on n'y agrandit pas, on y transforme ce qui existe déjà, indéfiniment. Trois époques se superposent. Vers 1200, un donjon carré, tour de résidence, avec un mur de remparts. Aux XIIIe et XIVe siècles, le grand donjon rond philippien, tour purement défensive, élevée pour impressionner : quand on est fort, on n'est pas attaqué. Vers 1400 à 1450, les décors, une tour à canons au surprenant décor de bossages en demi-boulets, et la chapelle Sainte-Anne.
Les habitations s'adossent aux murs qui rejoignent la grande tour, avec des préaux ouverts sur la cour dont les traces ont été volontairement conservées. À la Renaissance, on cherche à rendre l'ensemble habitable : on bouche les préaux, on percer de belles fenêtres, on construit une cage d'escalier et un passage vers la chapelle. La tour d'escalier de la cour d'honneur, en pierre de Volvic, une roche dure mais fine qui se prête à la sculpture, cherche à reproduire l'ambiance d'un hôtel particulier lyonnais ou riomois, avec sa cour fermée et son escalier desservant tous les étages.
La grande salle illustre le procédé. Le mur qui la borde était un mur de défense protégeant la tour ronde : quand les assaillants entraient, les défenseurs reculaient jusqu'à s'y retrancher. À la Renaissance, ce mur et la cour qu'il fermait sont devenus une pièce. Les murs atteignent trois mètres d'épaisseur. Enfin, la tour ronde présente une particularité rare, un chemin de mâchicoulis placé à mi-hauteur, encore criblé d'impacts de balles.
Le château est ouvert à la visite en juillet et en août, en visites guidées, et des visites sont organisées certains week-ends d'automne et d'hiver pour qui se signale par courriel. L'intégralité des recettes de billetterie est réinvestie en travaux, ce que le château affirme sans détour : en visitant Tournoël, on participe au chantier.
Surtout, le lieu vit. Des scouts campent à côté l'été, une messe y est célébrée chaque jour à dix heures, des jeunes guides chantent l'office, la famille y déjeune et y dîne, les enfants y fêtent leurs anniversaires de mariage, les étudiants y dorment dans un dortoir aux signes du zodiaque. Le propriétaire assume la critique que ses restaurations peuvent susciter : il a changé la ruine, mais elle vit, et il s'en occupe tous les jours. Il reste beaucoup à faire, du sauvetage des peintures des deux chapelles à des projets qu'il qualifie lui-même de fous, comme remonter l'éperon du donjon rond détruit pendant les guerres de la Ligue, ou dégager la chapelle Sainte-Foy, enterrée depuis quatre siècles.
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Questions fréquentes
Oui, en visite guidée, en juillet et en août. Des visites sont aussi organisées certains week-ends en automne et en hiver : il faut le signaler par courriel pour être informé des dates. Le prix des billets est entièrement réinvesti dans la restauration.
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