
Château de Meauce
Repères
- Protection
- Classé MH
- Construction
- XIIe siècle
Présentation
Sur un éperon rocheux de la rive droite de l'Allier, face au château d'Apremont, Meauce est l'un des plus anciens châteaux du Nivernais, et sans doute le plus étrange. Il est rond. Son enceinte épouse la courbe du rocher qu'elle coiffe, et cette forme circulaire, rare en France, symboliserait la protection plus que la défense. La tradition veut qu'un croisé revenu aveugle de Terre sainte ait voulu se bâtir un lieu qui l'enveloppe.
Le site est habité bien avant le château. Il appartenait aux premiers évêques de Nevers, qui cherchaient à christianiser un rocher où se pratiquaient encore des rites païens : trois têtes barbues sculptées entre le Ve et le VIIe siècle, remployées dans les murs, en témoignent encore. Le rocher fut un lieu de foi avant d'être un lieu militaire. Les premiers seigneurs de Meauce apparaissent dans les textes dès 1070, et les éléments d'architecture les plus anciens sont datés du premier quart du XIIe siècle.
Puis vient l'oubli. Plus personne n'habite le château depuis le milieu du XIXe siècle, faute de confort. Un propriétaire des années 1970 engage des travaux qui tournent au contentieux et durent trente ans. Quand Séverine et Cédric Mignon l'achètent en 2016, Meauce est en péril avancé, promis à la ruine par à peu près tout le monde. Dix ans plus tard, le château est couvert, habité, ouvert à la visite, et le chantier continue sur ses dépendances.
Meauce est une terre très ancienne, inféodée au comté de Nevers en 1070, année où les textes mentionnent Guy et Robert de Rochefort, seigneurs de Meauce. Un titre de 1206 cite le château de Melse, l'un des nombreux noms sous lesquels le lieu apparaît au fil des siècles.
En 1248, Hugues de Meauce part en croisade avec Saint Louis. Fait prisonnier à la bataille de la Mansourah, il est aveuglé par ses geôliers, qui redoutaient sa force. Le roi paie sa rançon, le fait revenir en France et finance la reconstruction de son château. Son fils épouse Isabelle de Sully, descendante d'Hugues Capet. Faute d'héritier mâle, Meauce passe en 1349 à la famille de Monturuc par le mariage de Catherine de Meauce avec Étienne de Monturuc, dont l'oncle n'est autre qu'Innocent VI, pape en Avignon de 1352 à 1362. Les fils de la maison partent alors dans toute l'Europe et deviennent évêques ou cardinaux.
Le château passe ensuite, encore par les femmes, aux Roffignac, famille originaire du Limousin. C'est leur grande période : de père en fils, ils sont chambellans de Charles V, Charles VI et Charles VII, ou des ducs de Bourgogne selon les vents. Trop habiles peut-être : pendant la guerre de Cent Ans, à force de jouer des deux côtés, ils se voient confisquer Meauce, confié à Jean de La Rivière. Il faut le traité d'Amiens et l'intervention de Charles VII pour que Guyot de Roffignac récupère son fief en 1438, contre une lourde rançon. Pour la payer, l'un d'eux émet de la fausse monnaie et finit en prison à Paris. Les mêmes abusent longtemps de leur droit d'épave, jusqu'à un procès tranché par Charles VIII en personne, qui met fin à ce droit et amorce la ruine de la maison. Le château est en partie détruit lors des ravages anglais de 1360 et 1370, puis reconstruit vers 1383. C'est à la fin du XVe siècle que les Roffignac réalisent leurs travaux les plus ambitieux : la grande tour d'escalier et la grande cheminée de la salle de justice.
Après un revers de fortune, Meauce sort de la famille en 1690, acquis par Anne Voiland, épouse de l'intendant du duc de Nevers. Il est revendu en 1772 pour 93 000 livres au maître de forges Benoît Moreau des Marais, qui transforme la basse-cour en ferme moderne, puis passe par alliance aux Tiersonnier, dont plusieurs reposent dans la crypte de la chapelle du village. C'est à eux que le château doit son premier classement, en 1923.
Le dernier épisode avant l'abandon a des allures de film, ce qui tombe bien. Lors d'un parachutage nocturne en février 1944, le résistant Jean Devaivre, dit Janus, aperçoit le château rond se refléter dans l'Allier. Devenu réalisateur, il met près de trente ans à le retrouver et l'achète en 1971 avec l'idée d'en faire un décor de cinéma. Mais le domaine est morcelé, il n'en possède que le château rond, et les travaux entrepris dégénèrent en un contentieux de plus de trente ans avec l'État. En 2003, le Conseil d'État tranche : l'État est condamné à indemniser le propriétaire sur la valeur estimée du bien, soit l'équivalent d'une 2CV de l'époque. Le chiffre dit tout de l'état du monument.
La restauration de Séverine et Cédric Mignon
Ils ne cherchaient pas Meauce. Après une vingtaine de visites, ce qui devait être une promenade s'est transformé en coup de cœur, et le couple achète en juillet 2016 un château abandonné depuis plus d'un siècle. La première réunion de chantier a lieu seize jours après la signature chez le notaire, et les travaux commencent le lendemain : dégager les échafaudages, retrouver une vue sur l'édifice, sortir les gravats. Les douves étaient envahies d'arbres qui poussaient à l'intérieur.
La méthode a été celle d'un chantier de monument historique en bonne et due forme. L'architecte Charlotte Hubert, validée par la DRAC, mène le diagnostic sanitaire, les analyses architecturales destinées à déterminer quels éléments existaient à quelle époque, les recherches historiques et le suivi des travaux. Le parti pris retenu est celui du XVIIIe siècle. Le château est intégralement classé par décision de la Commission nationale en décembre 2016, et les fouilles préventives, d'abord redoutées pour leur coût, sont finalement prises en charge par le Fonds national pour l'archéologie préventive, les archéologues travaillant en même temps que les entreprises.
Le chantier lui-même a été rude. La façade sud, celle qui donne sur l'Allier, a été traitée en premier : lierre arraché, maçonneries gravement attaquées, coulis de chaux déversés au cœur des vieux murs pour les resolidifier, chemin de ronde refait, fenêtre à meneau du XIIIe siècle découverte au passage. Trois des quatre poutres maîtresses ont dû être déposées, la quatrième sauvée par une résine. La charpente de 1380 a été restaurée avec quarante pour cent de bois neuf, ses deux grandes croix de Saint-André remises en place, et la couverture en ardoise posée en janvier 2018. La charpente de la grande tourelle, en toile d'araignée sur quatre étages, a été démontée pièce par pièce et remontée au sol avant d'être replacée. Les échafaudages ont quitté le château en février 2020, après plus de trente mois de présence.
Les découvertes ont, chemin faisant, modifié le projet : une porte arrondie du XVe siècle presque intacte, des encadrements du XIIe, des latrines du XIVe, un dolium, une frise de décor peint aux blasons datée de 1582, une grande cheminée sculptée du début de la Renaissance. Il a fallu arbitrer entre ce que l'on montre et le parti pris XVIIIe, jusqu'à la couleur des poutres. Le plan France Relance est venu financer, à hauteur de la moitié, la restauration de la grange à la Mansart et du pigeonnier, tous deux menaçant de s'effondrer. Le chantier du pigeonnier a été mené comme chantier d'insertion : trente mois de travaux, plus de vingt-quatre personnes accompagnées, certaines revenues à un emploi stable.
Le projet n'aurait pas tenu sans le collectif. Plus de cinq cents bénévoles s'y sont succédé, une association de sauvegarde fédère les soutiens, et la Fondation du patrimoine comme la Mission Bern, qui retient Meauce dès la première liste des monuments en péril en 2018, ont accompagné le financement. En attendant que le château soit habitable, la famille s'était installée dans la maison du gardien, pour l'avoir sous les yeux. Elle a emménagé dans le château fin 2021.
Meauce se présente comme un château rond enfermant une cour intérieure, à mi-chemin entre la forteresse et l'immense tour. De l'édifice primitif subsistent les murs d'enceinte, épais par endroits de plus de trois mètres, auxquels des bâtiments de différentes époques sont venus s'adosser. Les fossés, alimentés par l'Allier puis par le ruisseau de Rochefort, ont presque disparu, et les alluvions ont éloigné la rivière. Un portail a été ouvert à l'emplacement de l'ancien pont-levis, mais l'enceinte n'a rien perdu de son caractère.
L'élément le plus élégant de la cour est une tour hexagonale à pans, portant à sa partie supérieure une pièce carrée dont les angles sont en encorbellement, flanquée d'une tourelle en surplomb à cul-de-lampe mouluré qui abrite l'escalier menant à la guette. C'est cet escalier qui figurait déjà dans le classement de 1923, avec la grande cheminée. Les anciennes archères ont été percées en fenêtres carrées, certaines moulurées, d'autres à moulures piriformes et croisillons, ouvertes à l'ouest et au sud. La porte de la tour est surmontée d'un arc ogival orné d'un écusson et de lambrequins, mutilés à la Révolution.
Le château avait sa chapelle particulière, au premier étage, avec un autel de bois, dont témoigne encore une fenêtre ogivale. Les remaniements importants datent du XVe siècle, et les bâtiments de la cour intérieure ont été construits en grande partie au XVIIe. Le site comprend aussi des communs, deux granges dont une dite à la Mansart, des écuries, un clos médiéval et un pigeonnier de 1636, l'ensemble desservi par une double allée de tilleuls.
Meauce est aujourd'hui l'un des châteaux privés les plus largement ouverts de la région. On peut le visiter de deux façons : une visite guidée d'environ une heure trente, intérieurs et extérieurs, conduite par les propriétaires eux-mêmes, ou une visite libre des extérieurs, des jardins et des expositions installées dans la grange à la Mansart. On peut aussi y dormir, en chambre d'hôtes ou en gîte, ou privatiser le lieu, qui dispose d'une capacité de vingt-quatre couchages.
La programmation est dense et sort volontiers des sentiers du patrimoine : escape game et enquête immersive, week-end horrifique en novembre, festival nature et patrimoine FestiGrues chaque automne, expositions, conférences, Journées européennes du patrimoine. Le château revendique aussi un engagement environnemental structuré, avec une démarche de certification Écolabel européen en cours, ce qui se comprend dans un site classé du Bec d'Allier, en zone Natura 2000, qui accueille plus de cinq mille grues cendrées, des milans, des hérons bihoreaux, des guêpiers d'Europe et des cigognes.
Le saviez-vous ?
Rançon et prison
Pour payer la rançon qui devait lui rendre son château, un Roffignac fabriqua de la fausse monnaie et finit en prison à Paris.
Visites et activités
Visites
- Types de visite
- Visite libreVisite guidée
- À visiter
- ChâteauParc et jardins
Hébergement
- Type d'hébergement
- Chambre d'hôtes
Vidéos
Galerie
Questions fréquentes
Ses parties les plus anciennes remontent vraisemblablement au XIIe siècle.
Présentation
Sur un éperon rocheux de la rive droite de l'Allier, face au château d'Apremont, Meauce est l'un des plus anciens châteaux du Nivernais, et sans doute le plus étrange. Il est rond. Son enceinte épouse la courbe du rocher qu'elle coiffe, et cette forme circulaire, rare en France, symboliserait la protection plus que la défense. La tradition veut qu'un croisé revenu aveugle de Terre sainte ait voulu se bâtir un lieu qui l'enveloppe.
Le site est habité bien avant le château. Il appartenait aux premiers évêques de Nevers, qui cherchaient à christianiser un rocher où se pratiquaient encore des rites païens : trois têtes barbues sculptées entre le Ve et le VIIe siècle, remployées dans les murs, en témoignent encore. Le rocher fut un lieu de foi avant d'être un lieu militaire. Les premiers seigneurs de Meauce apparaissent dans les textes dès 1070, et les éléments d'architecture les plus anciens sont datés du premier quart du XIIe siècle.
Puis vient l'oubli. Plus personne n'habite le château depuis le milieu du XIXe siècle, faute de confort. Un propriétaire des années 1970 engage des travaux qui tournent au contentieux et durent trente ans. Quand Séverine et Cédric Mignon l'achètent en 2016, Meauce est en péril avancé, promis à la ruine par à peu près tout le monde. Dix ans plus tard, le château est couvert, habité, ouvert à la visite, et le chantier continue sur ses dépendances.
Meauce est une terre très ancienne, inféodée au comté de Nevers en 1070, année où les textes mentionnent Guy et Robert de Rochefort, seigneurs de Meauce. Un titre de 1206 cite le château de Melse, l'un des nombreux noms sous lesquels le lieu apparaît au fil des siècles.
En 1248, Hugues de Meauce part en croisade avec Saint Louis. Fait prisonnier à la bataille de la Mansourah, il est aveuglé par ses geôliers, qui redoutaient sa force. Le roi paie sa rançon, le fait revenir en France et finance la reconstruction de son château. Son fils épouse Isabelle de Sully, descendante d'Hugues Capet. Faute d'héritier mâle, Meauce passe en 1349 à la famille de Monturuc par le mariage de Catherine de Meauce avec Étienne de Monturuc, dont l'oncle n'est autre qu'Innocent VI, pape en Avignon de 1352 à 1362. Les fils de la maison partent alors dans toute l'Europe et deviennent évêques ou cardinaux.
Le château passe ensuite, encore par les femmes, aux Roffignac, famille originaire du Limousin. C'est leur grande période : de père en fils, ils sont chambellans de Charles V, Charles VI et Charles VII, ou des ducs de Bourgogne selon les vents. Trop habiles peut-être : pendant la guerre de Cent Ans, à force de jouer des deux côtés, ils se voient confisquer Meauce, confié à Jean de La Rivière. Il faut le traité d'Amiens et l'intervention de Charles VII pour que Guyot de Roffignac récupère son fief en 1438, contre une lourde rançon. Pour la payer, l'un d'eux émet de la fausse monnaie et finit en prison à Paris. Les mêmes abusent longtemps de leur droit d'épave, jusqu'à un procès tranché par Charles VIII en personne, qui met fin à ce droit et amorce la ruine de la maison. Le château est en partie détruit lors des ravages anglais de 1360 et 1370, puis reconstruit vers 1383. C'est à la fin du XVe siècle que les Roffignac réalisent leurs travaux les plus ambitieux : la grande tour d'escalier et la grande cheminée de la salle de justice.
Après un revers de fortune, Meauce sort de la famille en 1690, acquis par Anne Voiland, épouse de l'intendant du duc de Nevers. Il est revendu en 1772 pour 93 000 livres au maître de forges Benoît Moreau des Marais, qui transforme la basse-cour en ferme moderne, puis passe par alliance aux Tiersonnier, dont plusieurs reposent dans la crypte de la chapelle du village. C'est à eux que le château doit son premier classement, en 1923.
Le dernier épisode avant l'abandon a des allures de film, ce qui tombe bien. Lors d'un parachutage nocturne en février 1944, le résistant Jean Devaivre, dit Janus, aperçoit le château rond se refléter dans l'Allier. Devenu réalisateur, il met près de trente ans à le retrouver et l'achète en 1971 avec l'idée d'en faire un décor de cinéma. Mais le domaine est morcelé, il n'en possède que le château rond, et les travaux entrepris dégénèrent en un contentieux de plus de trente ans avec l'État. En 2003, le Conseil d'État tranche : l'État est condamné à indemniser le propriétaire sur la valeur estimée du bien, soit l'équivalent d'une 2CV de l'époque. Le chiffre dit tout de l'état du monument.
La restauration de Séverine et Cédric Mignon
Ils ne cherchaient pas Meauce. Après une vingtaine de visites, ce qui devait être une promenade s'est transformé en coup de cœur, et le couple achète en juillet 2016 un château abandonné depuis plus d'un siècle. La première réunion de chantier a lieu seize jours après la signature chez le notaire, et les travaux commencent le lendemain : dégager les échafaudages, retrouver une vue sur l'édifice, sortir les gravats. Les douves étaient envahies d'arbres qui poussaient à l'intérieur.
La méthode a été celle d'un chantier de monument historique en bonne et due forme. L'architecte Charlotte Hubert, validée par la DRAC, mène le diagnostic sanitaire, les analyses architecturales destinées à déterminer quels éléments existaient à quelle époque, les recherches historiques et le suivi des travaux. Le parti pris retenu est celui du XVIIIe siècle. Le château est intégralement classé par décision de la Commission nationale en décembre 2016, et les fouilles préventives, d'abord redoutées pour leur coût, sont finalement prises en charge par le Fonds national pour l'archéologie préventive, les archéologues travaillant en même temps que les entreprises.
Le chantier lui-même a été rude. La façade sud, celle qui donne sur l'Allier, a été traitée en premier : lierre arraché, maçonneries gravement attaquées, coulis de chaux déversés au cœur des vieux murs pour les resolidifier, chemin de ronde refait, fenêtre à meneau du XIIIe siècle découverte au passage. Trois des quatre poutres maîtresses ont dû être déposées, la quatrième sauvée par une résine. La charpente de 1380 a été restaurée avec quarante pour cent de bois neuf, ses deux grandes croix de Saint-André remises en place, et la couverture en ardoise posée en janvier 2018. La charpente de la grande tourelle, en toile d'araignée sur quatre étages, a été démontée pièce par pièce et remontée au sol avant d'être replacée. Les échafaudages ont quitté le château en février 2020, après plus de trente mois de présence.
Les découvertes ont, chemin faisant, modifié le projet : une porte arrondie du XVe siècle presque intacte, des encadrements du XIIe, des latrines du XIVe, un dolium, une frise de décor peint aux blasons datée de 1582, une grande cheminée sculptée du début de la Renaissance. Il a fallu arbitrer entre ce que l'on montre et le parti pris XVIIIe, jusqu'à la couleur des poutres. Le plan France Relance est venu financer, à hauteur de la moitié, la restauration de la grange à la Mansart et du pigeonnier, tous deux menaçant de s'effondrer. Le chantier du pigeonnier a été mené comme chantier d'insertion : trente mois de travaux, plus de vingt-quatre personnes accompagnées, certaines revenues à un emploi stable.
Le projet n'aurait pas tenu sans le collectif. Plus de cinq cents bénévoles s'y sont succédé, une association de sauvegarde fédère les soutiens, et la Fondation du patrimoine comme la Mission Bern, qui retient Meauce dès la première liste des monuments en péril en 2018, ont accompagné le financement. En attendant que le château soit habitable, la famille s'était installée dans la maison du gardien, pour l'avoir sous les yeux. Elle a emménagé dans le château fin 2021.
Meauce se présente comme un château rond enfermant une cour intérieure, à mi-chemin entre la forteresse et l'immense tour. De l'édifice primitif subsistent les murs d'enceinte, épais par endroits de plus de trois mètres, auxquels des bâtiments de différentes époques sont venus s'adosser. Les fossés, alimentés par l'Allier puis par le ruisseau de Rochefort, ont presque disparu, et les alluvions ont éloigné la rivière. Un portail a été ouvert à l'emplacement de l'ancien pont-levis, mais l'enceinte n'a rien perdu de son caractère.
L'élément le plus élégant de la cour est une tour hexagonale à pans, portant à sa partie supérieure une pièce carrée dont les angles sont en encorbellement, flanquée d'une tourelle en surplomb à cul-de-lampe mouluré qui abrite l'escalier menant à la guette. C'est cet escalier qui figurait déjà dans le classement de 1923, avec la grande cheminée. Les anciennes archères ont été percées en fenêtres carrées, certaines moulurées, d'autres à moulures piriformes et croisillons, ouvertes à l'ouest et au sud. La porte de la tour est surmontée d'un arc ogival orné d'un écusson et de lambrequins, mutilés à la Révolution.
Le château avait sa chapelle particulière, au premier étage, avec un autel de bois, dont témoigne encore une fenêtre ogivale. Les remaniements importants datent du XVe siècle, et les bâtiments de la cour intérieure ont été construits en grande partie au XVIIe. Le site comprend aussi des communs, deux granges dont une dite à la Mansart, des écuries, un clos médiéval et un pigeonnier de 1636, l'ensemble desservi par une double allée de tilleuls.
Meauce est aujourd'hui l'un des châteaux privés les plus largement ouverts de la région. On peut le visiter de deux façons : une visite guidée d'environ une heure trente, intérieurs et extérieurs, conduite par les propriétaires eux-mêmes, ou une visite libre des extérieurs, des jardins et des expositions installées dans la grange à la Mansart. On peut aussi y dormir, en chambre d'hôtes ou en gîte, ou privatiser le lieu, qui dispose d'une capacité de vingt-quatre couchages.
La programmation est dense et sort volontiers des sentiers du patrimoine : escape game et enquête immersive, week-end horrifique en novembre, festival nature et patrimoine FestiGrues chaque automne, expositions, conférences, Journées européennes du patrimoine. Le château revendique aussi un engagement environnemental structuré, avec une démarche de certification Écolabel européen en cours, ce qui se comprend dans un site classé du Bec d'Allier, en zone Natura 2000, qui accueille plus de cinq mille grues cendrées, des milans, des hérons bihoreaux, des guêpiers d'Europe et des cigognes.
Le saviez-vous ?
Rançon et prison
Pour payer la rançon qui devait lui rendre son château, un Roffignac fabriqua de la fausse monnaie et finit en prison à Paris.
Visites et activités
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- Visite libreVisite guidée
- À visiter
- ChâteauParc et jardins
Hébergement
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Questions fréquentes
Ses parties les plus anciennes remontent vraisemblablement au XIIe siècle.
